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vendredi 23 août 2019

La petite paysanne.

Un bricolage proposé dans le numéro 86 de la revue La Vie Active de 1963.


La petite paysanne par Michel Charlonnai. Coll. Pers

On l'imagine slave ou peut-être roumaine. En 1963 un enfant aurait reproduit l'illustration au papier carbone ou sur un papier calque. Une autre s'en serait inspirée pour créer une poupée originale. Aujourd'hui on peut tenter de la construire à la manière d'un paper-toy.


 Vie Active est une revue fondée par Albert Boekholt. Les activités manuelles proposées entrent dans le cadre d'une pédagogie proche de celle de Célestin Freinet.

 #EnfanceenRoumanie

mercredi 14 février 2018

Balul Costumat - le bal costumé.

Une traduction roumaine des livres "Nos enfants" et "Filles et garçons" d'Anatole France. Édité en 1959, les illustrations sont de Jules Perahim, artiste peintre roumain.







BALUL COSTUMAT :Le Bal costumé. Récits. Illustrations de Jules Perahim. Trad. J. Cotin. Ed. Tineretului, 1959, 56 p. + 12 F. pl. Contient : Balul costumat. Fanchon. Scoala (“L’Ecole”). Marie. Naiul (“La Flûte de Pan”). Gardjul lui Roger (“L’Ecureuil de Roger”). Curajul.(“Le Courage”). Ziua Caterinei (“Le Jour de Catherine”). Micii lupi de mare (“Les petits Loups de mer”). Convalescenta. Peste cîmpuri. (“A travers champs”). Defilarea (“La Revue”). Frunze moarte (“Feuilles mortes”). Suzanne. La pescuit (“La pêche”). Greselile celor mari (“Les fautes des grands”). Prînzoletul (“La Dînette”). Artistul (“L’artiste”). Jacqueline si Miraut. 

Pour ceux qui s'interrogent sur les raisons qui ont pu motiver la traduction de ce livre en pleine période communiste, des réponses peuvent être trouvées dans Le numéro 11 de la seconde série (1993) de la revue Littérature et Nation, consacré à "La culture d'Anatole France". Ecaterina Cleynen-Serghiev y consacre un article sur l'accueil fait à l'oeuvre d'Anatole France en Roumanie.

 #EnfanceenRoumanie

vendredi 8 décembre 2017

The magic doll of Roumania.

La poupée magique de Roumanie.

Le Roi-Enfant roumain destitué deux fois, une fois au bénéfice de son père,  la seconde sous la contrainte du pouvoir communiste, Mihai I est décédé cette semaine. Sur cette photo, il se laisse photographier en Indien pour Ullstein Bild. Il a un peu plus de trois ans.

Michel de Roumanie - Roi de Roumanie de 1927 à 1930 
et de 1940 à 1947. 1 janvier 1925.

L'année suivante, en 1926, sa grand mère, la reine Marie de Roumanie, petite fille de la reine Victoria se rend en Amérique. Elle est accueillie dans la réserve Sioux du Dakota Nord et est célébrée en tant que chef de guerre. Le chef Sioux Red Tomahawk la nomma "la femme que l'on attendait".

Crédit: Tom's Place

Trois ans plus tard, elle fait publier un livre pour enfants qu'elle dédie aux garçons et filles d'Amérique afin de les remercier de leur chaleureux accueil. Cette histoire merveilleuse se veut être le pont entre l'Est et l'Ouest :
"... And because I am Queen of a far-away country which I know will interest you—a country full of poetry and pictures, of old customs and quaint habits handed down through long generations from father to son, from mother to daughter—I have placed my story in Roumania and among the peasants, for it is they who guard the past.     I have said that mine is a story in which "East and West do meet," because I bring a small American girl—little Nancy—with me over the seas. I hope that she will become your friend, as she is mine....."


Sur l'une des illustrations de l'ouvrage, dont elle a confié la réalisation à Maud et Miska Petersham, on reconnait un petit indien non loin d'une petite fille en robe traditionnelle roumaine. L'histoire est avant tout un prétexte pour faire découvrir aux petits américains les us et coutumes roumains et si on en croit notre méconnaissance actuelle, il est prêt à parier qu'à l'époque cela n'était guère mieux. La critique ne semble cependant pas avoir été très enthousiaste.

 Cliquer sur l'image pour lire l'intégralité de l'article.
crédit: UNZ

Le livre fut perçu comme trop pédagogique et pas assez merveilleux. Le mélange des genres n'était sans doute pas adapté. On retiendra cependant la beauté des illustrations et la mise en valeurs des traditions roumaines.


On peut découvrir les illustrations ici.

The Magic Doll of Roumania - New York: Frederick A.Stokes Company, 1929.
Author: Marie, queen consort of Ferdinand I, King of Romania 1875-1938 - Illustrators: Miska Petersham 1888-1960. Maud Fuller 1890-1971. 319p.

 #EnfanceenRoumanie

mardi 28 novembre 2017

ENFANCE. Réminiscences et héritage.

En 2012, Christina m'invitait à visiter l'exposition Enfance, Réminiscences et Héritage, et m'offrait ainsi l'occasion de découvrir l'Hôtel de Béhague.


Cette exposition itinérante qui avait été initiée, entre autres par le musée du paysan roumain tentait de répondre à la question ainsi posée par Lila Passima, commissaire d'exposition:

"Quelles seraient les dimensions qu’un musée de l’enfance puisse avoir? Pourrait-il se blottir dans une poche ou arriver jusqu’aux nuages, séparer le monde en deux, entrer dans un conte, être accroché à un cintre ou chuchoté dans la langue papelka, pour ainsi dire ? Une chose est certaine, nous portons tous, à l’intérieur de nous-mêmes, un musée de l’enfance aux portes toujours ouvertes"

crédit photo: ICR.

Contrairement aux scénographies habituelles des musées du jouet, cette exposition tentait bien de restituer une perception de l'enfance en contextualisant la présentation des objets et les replaçant au cœur des us et coutumes locaux. C'est ainsi que je découvrais une tradition populaire roumaine toujours bien ancrée:  "la présentation du plateau au bébé". Lorsque le bébé atteint l'âge d'un an, une fête est organisée en son honneur.  On lui coupe alors une mèche de cheveux et on lui présente un plateau contenant divers objets symbolisant différents métiers.


Les ciseaux (du coiffeur), le ticket de métro (du conducteur de tramway), un billet (de trader), un rabot (de menuisier), le stylo (du poète).... L'enfant choisit alors un des objets présentés et l'assemblée assume alors que son destin est tracé. On imagine très bien que le choix des objets par les adultes n'est absolument pas influencé....

http://childhoodmuseum360.ro/fr/childhood-home

Childhood. Remains and Heritage  - Copilăria. Rămăşiţe şi patrimoniu

Demain Cristina inaugure une nouvelle exposition qui tout de suite fait écho à la précédente.
Avec Cadre de mémoire, elle cherche à comprendre de quelle manière les objets nous définissent une fois qu'ils ont été choisis. Instantanément j'ai pensé à cette tradition découverte 5 ans plutôt. Quel serait le destin d'un bambin qui au dernier moment n'aurait pas choisi le mètre d'arpenteur mais les chaussons de danse...

Le choix n'est pas décontextualisé, il s'inscrit dans une époque. Ainsi dans l'exposition précédente, les concepteurs écrivaient "Dans l’Europe médiévale, l’enfance finissait vers l’âge de 10 ans ; à 13 ans, les jeunes filles étaient déjà prêtes au mariage. Ailleurs, les garçons des familles régnantes étaient appelés à conduire les destins d’un pays dès qu’ils abandonnaient les jouets. Chaque époque, chaque culture a conçu et défini l’enfance à sa manière ; c’est pourquoi l’enfance nous apparaît aujourd’hui comme un concept à frontières et à significations variables".  

Dans l'exposition à venir, Cristina ajoute une autre dimension : la mobilité. Que penser de l'objet d'exil, celui que l'on emmène en migration. L'enfance ne semble pas avoir sa place dans cette nouvelle exposition et pourtant, elle serait le juste lien entre les deux. Comment les jeunes enfants migrants se construisent-ils.. comment font-ils le lien entre l'enfance qu'ils ont abandonnée et celle de leur nouvelle vie. Quelle est alors le rôle de l'objet emmené. 
Une de nos amies communes, qui a longtemps été professeur de FLE (Française Langue Étrangère) dans les classes d'accueil nous confiait les témoignages de ses jeunes élèves contraints de choisir et donc d'abandonner une part de leur enfance. Il y aurait, c'est certain, matière à proposer une suite tournée vers l'enfance à l'exposition qui débute demain. 

Peut-être que l'objet passeur pourrait y avoir sa place, à l'instar d' Otto l'ours de Tomi Ungerer.

 #EnfanceenRoumanie

lundi 27 novembre 2017

Epoca de aur, pentru copii *

* L'âge d'or, pour enfants.

Avant de rencontrer Cristina, ma connaissance de la Roumanie se résumait à quelques clichés... Ceaucescu, la petite fiancée roumaine, Dracula et Ionesco.

La première prise de contact se fit à travers un film: les Contes de l'âge d'or de Cristian Mungiu. Je ne suis pas certaine que sans la rencontre avec Cristina j'aurais eu la curiosité de sélectionner ce DVD et de le regarder. Grâce à ce film, je découvrais l'humour roumain et le sens de l'absurde si cher à Ionesno. Sans eux, comment le peuple aurait-il pu survivre aux décisions ubuesque du conducator autoproclamé? Cette période que ce dernier appela l'Âge d'Or, sans ironie aucune, a été retracée dans un livre Pop-up conçu par Ştefan Constantinescu en 2009. Livre d'artiste, tiré à très peu d'exemplaires, il s'adresse aux enfants et témoigne de la vie en Roumanie de 1968, année de naissance de l'auteur à 1989, fin du régime et mort de Ceaucescu. 








Une collaboration de Arina Stoenescu ingénieur papier, et
Mihai Coliban, Stefan Constantinescu, pour les illustrations.

Publié par l'Institut Culturel Roumain de Stockholm 
en collaboration avec Labyrint Press et Pionier press (Stockholm).


Ce billet qui s'inscrit dans le cadre de la fête du livre animé à travers la présentation d'un livre très peu connu en France est aussi le prétexte pour démarrer une série d'articles consacrés à l'enfance en Roumanie vue par une française qui n'y a encore jamais mis les pieds et . A suivre...

 #EnfanceenRoumanie